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LES PRURITS PARASITAIRES

Sommaire

LA GALE ACARIENNE HUMAINE
Cycle du parasite
Epidémiologie de la gale
Clinique
Evolution
FORMES CLINIQUES
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
TRAITEMENT
LES PEDICULOSES HUMAINES
PHTIRIASE DU CUIR CHEVELU
PHTIRIASE DU CORPS
PHTIRIASE PUBIENNE
TRAITEMENT

 


I - LA GALE ACARIENNE HUMAINE

A- Dans sa forme typique :

La gale acarienne humaine est classiquement l'apanage des souches sociales défavorisées ; c'est une affection actuellement toujours fréquente favorisée par les conditions d'hygiènes précaire et le surpeuplement.

  • 1. Cycle du parasite :
  • La gale est une maladie ectoparasitaire due à un acarien, le Sarcoptes scabiei hominis, qui vit dans la couche cornée de l'épiderme.

    La femelle fécondée y creuse un tunnel ("le sillon de la gale") et y pond des œufs : environ de 1 à 5 par jour.

    Au bout de 4 jours, l'éclosion donne naissance à des larves qui deviennent matures sur la peau 10 jours plus tard.

  • 2. Epidémiologie de la gale :
  • Elle est transmise dans l'immense majorité des cas par contact inter humain direct. Elle se fait par les femelles fécondées qui sont noctambules. Le parasite ne survit que quelques jours en dehors de son hôte.

    L'acarien femelle adulte a une bonne mobilité pour des température de 25 à 30°C ; en dessous de 20°C, il est immobile et meurt rapidement ; au-dessous de 55°C, il est tué en quelques minutes.

    Ainsi, la gale se transmet par contact :

  • 3. Clinique :
  • L'incubation est très variable, de 2 jours (en cas de ré infestation) à plusieurs semaines (3 semaines en moyenne).

    Elle se caractérise par un signe subjectif important : le prurit, initialement localisé aux régions interdigitales et aux fesses, il s'agit souvent d'un prurit généralisé ne respectant que la tête et le dos. Il présente une recrudescence nocturne, et un caractère conjugal ou familial.

    Devant un prurit si caractéristique, on recherchera :

    1- Des lésions objectives spécifiques de gale :

    - le "sillon scabieux" est pathognomonique, il se traduit par un trait fin, sinueux, filiforme de 5 à 15 mm de long : on le recherchera soigneusement entre les doigts et les faces antérieures des poignets.

    - à l'une des extrémités du sillon, on peut avoir parfois une élevure de couleur nacrée : c'est "l'éminence acarienne" : elle correspond à la position de la femelle adulte ; le reste du sillon est occupé par les œufs pondus.

    - Les nodules scabieux sont de grosses papules infiltrées et excoriées siégeant dans la région axillaire et génitale ("chancre" scabieux de la verge et au scrotum).

    2- Des lésions non spécifiques de la gale :

    il s'agit de lésions de grattage, de papules excoriées et de placards lichénifiés.

    Ces lésions de grattage ont une topographie antérieure (à l'exception des fesses) et symétrique très évocatrice : ainsi, les lésions siègent dans les espaces interdigitaux, à la face antérieure des poignets, les coudes, les fesses, la face antérieure des cuisses.

    Chez les femmes, le prurit bilatéral du mamelon et de l'aréole mammaire avec lésions excoriées et croûteuses est un signe évocateur. Chez l'homme (organes génitaux : "chancre" scabieux). Le visage, le cou et le dos sont épargnés.

    Nous insisterons sur le fait que les lésions objectives de la gale peuvent être extrêmement discrètes, notamment chez les gens propres, parfois tout se résume à un prurit dont le caractère persistant, parfois familial et nocturne justifie pleinement un traitement d'épreuve.

  • 4. Evolution :
  • Non traité, la gale persiste indéfiniment et peut être à l'origine de complications qui sont :

    Traitée efficacement, le prurit disparaît le plus souvent en quelques jours. Parfois, il persiste plus longtemps mais doit s'atténuer spontanément en 2 à 3 semaines. Passé ce délai, on envisagera la possibilité d'une ré infestation ou d'une persistance de l'affection (désinfection insuffisante).

     

    B. FORMES CLINIQUES

  • 1. Gale des gens propres :
  • Les signes spécifiques sont souvent très discrets : on s'appuiera sur les caractères évocateurs du prurit (familial, exacerbation nocturne). On recherchera l'existence du "chancre" scabieux.

    De toute façon, au moindre doute, un traitement d'épreuve, véritable test diagnostique est justifié.

  • 2. Gale du nourrisson et de l'enfant :
  • Elle se caractérise en plus par :

    - la présence de nodules scabieux sur le périnée et les aisselles,

    - des lésions papulo-pustuleuses des paumes et surtout des plantes particulièrement évocatrices,

    - l'atteinte du visage à pu être observée

    - la gale est volontiers impétiginisée

    Elle est une variante très rare, mais extrêmement contagieuse de l'infestation à Sarcoptes scabiei : elle survient avec prédilection chez les retardés mentaux (mongoliens) et les sujets immunodéprimés (hémopathies, HIV+... ). Le nombre d'éctoparasites sur tout le corps est de l'ordre de quelques millions d'acariens : cette multiplicité de sarcoptes en explique le caractère extrêmement contagieux (contagiosité permettant un diagnostic rétrospectif lorsque médecins et infirmiers d'un même service sont tous atteints d'une gale vulgaire après avoir examiné le malade).

    L'aspect est déroutant : le prurit est d'intensité très variable, modéré ou féroce parfois absent. Les lésions sont croûteuses et hyperkératosiques et prédominent sur les zones de pressions (coudes, genoux, fesses) et les extrémités (paumes, plantes, verge). Les ongles sont épaissis.

    Parfois un tableau d'érythrodermie squamo-croûteuse est réalisé pouvant prêter à confusion avec un psoriasis

    C- DIAGNOSTIC

    Il est habituellement facile et repose sur :

    - le prurit à recrudescence nocturne, épargnant le visage, familial ou conjugal

    - la topographie caractéristique de l'éruption

    - la mise en évidence des sillons : test à l'encre imprégnant électivement les sillons de gale

    - c'est dans les formes déroutantes que l'on s'aidera :

    . de l'examen au microscope des squames ou de l'extrémité d'un sillon ou du scotch test,

    . enfin et surtout du test thérapeutique.

    D- DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

    Il peut se poser avec la pédiculose corporelle (association fréquente), l'eczéma, l'impétigo,... la gale acarienne due à des variantes de sarcoptes d'origine animale (chat, chiens...) qui guérissent spontanément en 48 heures quand cesse le contact et avec l'animal responsable.

    E- TRAITEMENT

    Ascabiol (lotion de Benzoate de benzyle)

    Benzochloryl (solution de DDT).

    Le traitement doit être pratiquer à tous les membres de la famille.

    Après un bain savonneux, le sujet applique sur tout le corps, la solution antigale, laisser sécher 15' puis refaire une nouvelle application, remettre ensuite les mêmes vêtements. Vingt quatre heures après, sans se laver, faire une 3ème application et changer de vêtements. Au 3ème jour bain savonneux.

    Faire bouillir tout son linge, draps, passer au fer chaud les couvertures et les sous-vêtements, mettre de la poudre DDT (ascapoudre ou aphtiria) sur la literie, les matelas. Pour les enfant, le contact avec la solution antigale ne doit pas dépasser 12 heures (risques toxicité; convulsion). Le crotamiton (la crème Eurax* ou prurex* ) une application par jour de 7 à 10 jours, moins efficace que l'ascabiol pourrait être surtout utile sur les nodules scabieux des nourrissons.

     

    II- LES PEDICULOSES HUMAINES

    Sont dues à 3 espèces de poux existant dans le monde entier : ce sont :

    - pediculus hominis capitis (poux du cuir chevelu)

    - pediculus hominis corporis (poux du cops)

    - pediculus inguinalis (morpion)

     

    A- PHTIRIASE DU CUIR CHEVELU

    S'observe essentiellement chez l'enfant (épidémies familiales et scolaires) et chez les adultes à hygiène insuffisante. Le signe d'appel est le prurit prédominant dans la région occipitale, sans horaire particulier associé à des adénopathies cervicales, postérieures constantes, satellites des lésions de grattages plus ou moins surinfectées. Le diagnostic : présence de poux et de lentes agrippés aux poils.

    B- PHTIRIASE DU CORPS

    Beaucoup plus rare, s'observe chez les sujets à hygiène très défectueuse vivant dans des conditions précaires (vagabond…). Elle se traduit par un prurit diffus et des petites papules hémorragiques, associées à des lésions de grattage prédominant sur la partie supérieure du dos et aux épaules, qui peuvent être le siège d'une pigmentation et d'une lichénification témoignant de la chronicité des lésions ® mélanodermie des vagabonds.

    De point de vue historique, le pou du corps était le vecteur du typhus épidémique (découvert par Charles Nicolle à tunis).

    Diagnostic : découverte des poux dans les vêtements.

    C- PHTIRIASE PUBIENNE

    Elle se traduit par un prurit permanent de la région pubienne. Le parasite atteint parfois les aisselles, la barbe voire les sourcils:

    - des taches bleu ardoisé de la peau abdominale et des cuisses peuvent se voir

    - diagnostic : découverte des poux accrochés à l'émergence des poils associés à des lentes

    - chez l'enfant : les morpions se fixent sur les cils provoquant des blépharites

    - les morpions doivent être considérés comme une MST (transmission par voie sexuelle) la transmission indirecte (literies, vêtements) est rare.

    D- TRAITEMENT

    Saupoudrer le cuir chevelu, le corps ou la région pubienne par la poudre aphtiria ou ascapoudre. Saupoudrer également les vêtements et le linge. Refaire une 2ème application 8 jours plus tard. Pour le cuir chevelu, appliquer également un shampooing antiparasitaire (Parasidose*).

     

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    Remarques et commentaires : Dr DENGUEZLI